SOUS LES ETOILES DU MONDE
                                                  ou les voyages de Françoise et Jacky sur la planète bleue

 
 
Une route secondaire nous amène à Campêche, ville côtière du golfe du Mexique au passé glorieux classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Entré en ville par cette petite route, on s’embrouille un peu pour trouver le camping le plus proche de la cité

    
    
                                         Sur la route

  
                                                             La piscine de Campêche 
                      
 Nous décidons de poursuivre jusqu’à un autre camping au sud que l’on nous a décrit comme étant au standard américain. Embranchement routier peint en blanc, immense portail blindé, mais comment on entre ? Bref coup de klaxon, un petit homme rustique s’approche et n’a que de parole pour le prix. « 350 pesos pour la noche ». Impossible de lui tirer quelque chose d’autre. L’immense porte entrouverte une route nous conduit sur un kilomètre vers le rivage. Passé un green, plusieurs tennis, un club-house dément voisin d’une piscine en arrière, les emplacements à l’américaine s’alignent comme à la parade. Effectivement, c’est du grandiose plutôt inhabituel pour le pays. Nous n’avons pas croisé cela depuis la frontière US. Installés vers 17 heures, nous marchons quelques pas à la découverte du lieu. Hall d’entrée du club gigantesque tout en cintre aux marbres étincelants. Sont alignés une vingtaine de très grands cadres  supposés être les miss camping successives en style très XXème, manque juste Madame de Fontenay ! Vient, après deux sculptures monumentales puis, le salon, trente mètres sur trente, autant dire mille mètres carré. Coin télé moquetté profond, écran plat deux mètre cinquante, meublé haut de gamme, quatre ou cinq billards autant de babyfoots et jeux divers puis enfin une vingtaine de tables en arrière d’une immense baie vitrée face mer. Nous poursuivrons par la terrasse pour accéder à la piscine à débordement, à l’échelle du lieu et enfin sur la plage d’innombrables « paillottes »irréprochables  entre mer et relief  avec transats, tables chaises et barbecues à disposition. Un mini port est aussi construit. Quel choc culturel après deux saisons passées dans les profondeurs du Mexique authentique.
Nous trouverons rapidement que néanmoins, il manque quelque chose…
…le soleil est absent ce soir…
…mais non, ce n’est pas ça…
…la seule chose…
…nous sommes absolument seuls !...
…aucun client, pas âme qui vive dans toute cette débauche de luxe et de standing. Seulement deux vieilles caravanes, un camping-car en hivernage et quelques personnels d’entretien et de surveillance  contents d’avoir enfin des visiteurs pour justifier leur travail. L’hiver est normalement la pleine saison ici où, canadiens et américains du nord venaient en nombre passer plusieurs mois à bord de leurs motor-homes géants. Dénoncé à outrance par les médias pour son trafic de drogue et sa corruption, ces clients potentiels sont absents depuis plusieurs années et leurs retours ne sont pas annoncés. Nous prenons presque pitié pour ces mexicains adorables qui ne savent que faire pour nous satisfaire.
 
                                      Toujours à Campéche, un peu plus modeste
 
  
                                                             Rencontres

 Nous profiterons de cette escale pour faire lessive courrier urgent et prendre un peu de repos. Deux jours plus tard, nous rejoignons l’autre camping proche du centre-ville qui est en fait un hôtel disposant d’un grand parking engazonné équipé de prises électriques et d’eau. Une coquette piscine entourée d’espaces verts arborés nous procure fraicheur et chants d’oiseaux à volonté.
   

 
                                     Au marché, que le boucher me pardonne !!

 Le bus « collectivo » s’arrête devant pour nous mener en ville. Nous y découvrons un marché couvert pour le moins vivant. Après les sempiternelles fripes viennent les quartiers de la viande, des fruits et légumes, poissons et des « petites bouffes sur le pouce ». Couleurs animations et senteurs te prennent d’assaut. Curieusement, la majorité des produits carnés présentés sont très frais et ont belle allure. Quasiment aucune vitrine réfrigérée tout est pendu ou posé sur des tôles pas toujours nickel. Curieusement, peu, voire pas du tout de mouches. Chaque case est surmontée d’une sorte grille de climatisation qui semble suffire à maintenir une température et une ventilation acceptable durant l’ouverture des stands. Fruits, légumes et épices sont hauts en couleurs, poissons et gambas affichent une fraicheur irréprochable sur la plus part des vieux étals.
La ville inscrite au patrimoine de l’Unesco présente des rues agréables aux multiples églises et maisons coloniales aux pastels doux. Curieusement, dans quartiers et vitrines, pères Noël emmitouflés, bonhommes de neige synthétique et sapins artificiels sont encore légion. Lors d’une courte visite d’un ancien fortin espagnol, la gardienne nous invite à inscrire notre nom et nationalité sur le registre et… surprise, sur la ligne précédente, est inscrit un couple français répondant au nom de « Rose » ! Déjà ressortis du fort, nous n’aurons pas le privilège de faire connaissance de cet éventuel lointain cousin.
 
 

 
                                          Centre historique
 
     Agua Azul, l’eau azur… c’est un torrent proche du site Maya de Palenque. En 2012, nous avions fait escale et visité ce magnifique site et son musée. Des contraintes nous ont obligé à « zapper » Agua Azul. Aujourd’hui, nous voici donc de retour au camping Maya Bel  que nous avions tant apprécié. Situé en pleine jungle, présence de singes quasi garantie dans les grands arbres, piscine sympa, tout pour plaire au plus difficile des voyageurs. A deux à l’heure, Franky se fraye un passage sous crotons géants, palmes, bananier et hibiscus quand…
…oh surprise…
…les trois quarts du camping sont occupés par une tribu de mi beatnik mi hippies en version pure et douce, style Katmandou 1970 voir «festival de pop music, Ile de Wight même cuvée ». Vieux camion frigo français transformé, vieux skool bus US et autre combi WW d’époque émergent au milieu d’un fatras de sacs à dos, bidons, sacs d’oignons, régimes de bananes, bâches tendues,  couvertures, cordes à linge et feux de camps. Une cinquantaine de disciples vaquent, pieds nus, tenues « bien à eux », distillant fumée bizarre et musique de circonstance. Il va sans dire que le garde du camping s’arrache un peu les cheveux en nous cherchant une place convenable.


      
                                             On n'est pas seul à Maya bell

Enfin calés grâce à la complicité d’un canadien qui nous a proposé de déplacer son petit véhicule afin de nous faciliter la tâche, nous observons un moment cette faune pittoresque. Si les filles exhalent bien le vieil adage « faites l’amour, ne faites pas la guerre », l’ambiance  « traîne misère » de la plus part de cette communauté permet de penser  que leurs cieux embrumés ne les mènent guère vers le nirvana attendu. Si quelques bribes de cette philosophie peuvent me paraître intéressantes, la gestion d’un tel décalage assorti d’horizons cabossés sur  soleil noir me laissent convaincu d’une voie sans issue à terme. Malgré hamacs aux arbres et matelas dehors, la nuit sera paisible. Au matin, le garde nous propose un transport en commun pour rejoindre Agua Azul pour une poignée de pesos. Ce torrent émeraude au milieu d’une nature tropicale généreuse demeure remarquable malgré l’abondance de marchands du temple en périphérie. Nous y découvrirons même, discrètement cachée au pied d’un grand arbre notre première orchidée en fleur. Précédemment, le mini bus collectivo nous avait déposé à une superbe et généreuse cascade, elle aussi, en pleine nature exubérante.
 

  

  
                                                          Découverte de Agua Azul



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