SOUS LES ETOILES DU MONDE
                                                  ou les voyages de Françoise et Jacky sur la planète bleue

 
 
C’est enfin le 26 décembre que la petite famille levait l’ancre, non sans émotion, afin de poursuivre leur tour du monde. Dès lors, pour nous aussi, il nous tardait de reprendre la route bientôt. Une révision des freins nécessaire sur Franky est rondement menée chez le concessionnaire du coin ainsi que plusieurs dernières bricoles en instance depuis des lustres. Fred et Emie, nos voisins belges de retour du Panama viendront nous apporter nombre de précieux renseignements sur notre parcourt en Amérique centrale. Philippe et Laurence, nancéens, reprennent également leur route après un court passage chez leur frère résident dans une île voisine. Avant de quitter les lieux, nous ferons encore une rapide connaissance d’un routard italien à bord d’un petit 4X4 à cellule vivant à Panama qui nous vantera les beautés des grands espaces de Patagonie.
                Le 29 au matin, enfin, Franky salue les quelques équipages du camping et tourne enfin le dos à Cancun pour de nouvelles découvertes. Quelques courses et plein de gasoil, petite étape pour aujourd’hui sur la route de Merida. Le parking fermé d’un restaurant bien tenu nous incite à stopper ici. Certes, il est tôt, environs 16h30, mais, en zone tropicale, à cette saison,  la nuit tombe vite. Quelques pas dans le quartier, nous ferons observer des masures miséreuses. Enfants et volailles s’ébattent sous les branchages entre vieilles ferrailles et détritus divers. L’un d’eux avec sa petite sœur, muni d’un grand sac récupèrent des bouteilles en plastique qui, recyclées, rapporteront quelques rares pesos à la famille.
    
                                                               Images rurales

 Si les bicoques ne sont faites que de quatre murs et d’un toit de vieilles tôles, Noël s’affiche tout de même. Souvent modestement de quelques maigres guirlandes échevelées aux rares boules qui oublient de briller. Cohabitent, sur un fil de fer, des images de sapins étoilés avec un papa Noël qui, ici, emmitouflé et accompagné de ses rennes au milieu des bananiers paraît pour le moins étrange.
                Laurence et Philippe, ce couple nancéien, nous avait parlé d’une réserve de biosphère au nord du Yucatan à Celestun. La richesse ornithologique du lieu nous attire et cela peut être un endroit sympa pour l’aurore de 2013. C’est donc sur la route, à hauteur de Mérida que s’immisce une première logique de conflit avec un nouveau venu à bord répondant au nom platonique de…
… « Garmin Nuvï 3490LT »…
…Avec un nom pareil, pas étonnant de chercher les atomes crochus…
… GPS d’aide à la navigation dit la notice…
…Attendons de voir, car vu le temps perdu à Mérida avec l’intrus, notre fin de parcourt pour Celestun se fit au galop afin d’éviter la nuit noire. La hantise est toujours de trouver un stationnement sécurisé avant de ne plus rien y voir. Modeste village côtier, ici, mieux vaut ne pas compter sur l’éclairage public. Après un tour d’honneur, nous décidons de nous stationner sur la place centrale devant le poste de police. Ce jour de saint Sylvestre, ce n’est  surement pas l’endroit le plus calme. Nuit tombée, nous n’avons guère d’autre choix, après tout, ce nouvel an au beau milieu des mexicains en fête nous laissera peut être un souvenir original. Pas le temps de manœuvrer, un pick-up vient à nous. Un homme poli et courtois nous invite à le suivre, nous comprenons qu’il dispose d’un bel espace en bord de plage clôturé et fermé la nuit où nous pourrions stationner moyennant quelques pesos…
…confiance…
…pas confiance à cet inconnu ?...
…humble, avenant, complaisant et attentionné, à tort ou à raison, nuit noire, nous suivons cet homme jusqu’à sa propriété. Une belle hacienda en arrière de plage, une cocoteraie soignée et quelques chevaux éveillent à peine la quiétude. Dans la lumière des phares, l’homme courre avec ses deux enfants afin de déplacer les bêtes et nous placer au mieux afin qu’au réveil nous jouissions d’un meilleur espace. Heureux de nous accueillir, il nous propose pour demain qu’un taxi vienne nous chercher pour nous conduire à la lagune. La, pour 200 pesos par personne, un pêcheur peut nous accompagner en barque, silencieusement, au plus près des milliers de flamands roses qui font la renommée du lieu. Bien que nous ayons des flamands chez nous, rendez-vous est pris.
 


                                 01 Janvier 2013 à Celestun
Pour l’heure et malgré l’isolement, il va sans dire qu’il nous faut souligner cette soirée de fin d’année. Ce n’est pas à Celestun qu’il faut compter trouver un resto en ville version réveillon. La maîtresse de maison, prévoyante, nous concoctera quelques toasts au saumon fumé et faux foie gras, petite assiette de la mer façon Chatka (venu dans les valises) un canard aux pêches, (une pure merveille), fromage de chèvre et gâteau chocolat le tout escorté d’un excellant champagne rosé californien.
Au matin, pas étonné, notre homme nous annonce que notre guide à fait la fête plus que de raison et n’est pas en mesure de trouver les flamands. Il nous conduit chez des amis à lui, mais personne n’est très frais. Seul l’organisme officiel responsable de la réserve est en mesure de nous conduire, sauf que, faute de remplir sa lancha à moteur, il nous en couterait 1200 pesos. Nous déclinons et remettons au lendemain. La journée se passera à se balader le matin au port et l’après-midi à la plage publique. Le bar d’un petit hôtel nous fournira une connexion internet. Le lendemain, dégazé, notre pêcheur vient nous chercher comme convenu…
… Tu observeras l’image des taxis de Celestun version tuck-tuck asiatique. Celui-ci nous mène à travers salins et marais et poursuivons à pieds jusqu’à un embarcadère rudimentaire en compagnie d’un couple autrichien. C’est à bord d’une sorte de canoë double recoupé que nous approcherons au plus près ces nuées d’innombrables flamands. Bien moins farouches que chez nous, leurs couleurs sont d’un flamboyant rare, on se félicitera de cette observation.
 


                           Les flamands dans la lagune (Yucatan)
 
   Reprise d’une route sans grand intérêt le lendemain en direction d’Uxmal, l’un des sites Maya les plus reconnu du Yucatan. Un parking sur le site même face à un magnifique hôtel noyé dans la forêt nous convient parfaitement. A l’entrée, tu es subjugué par cette pyramide du Devin en parfait état de conservation. L’ensemble du site est gigantesque, ainsi, nombre d’éléments ne sont pas encore dégagés de leur gangue de végétation. Construite entre le VIIème et Xème siècle de notre ère, cette cité très organisée aurait compté plus de 20 000 habitants, c’est dire son importance. L’après-midi va nous voir déambuler parmi tous ces vestiges.
 

 
                                                    Uxmal
 Le soir, retour sur place pour un son et lumière fort bien fait. Seul regret, devant la queue pour obtenir un audiophone multilingue, nous avons à tort négligé et rien compris dans les commentaires diffusés. Le terrain vallonné de l’endroit permet ainsi de voir nombre de monuments éclairés, nous avons trouvé ce spectacle grandiose. Petit frisson assuré lorsque, trépied et boitier installés dans une anfractuosité d’un bâtiment, dérangées plusieurs chauves-souris ont trouvé mes manches de chemises avenantes. Effet glacial garanti. Au final, une averse chaude se déversa sur la foule après les incantations diffusées par les baffles, un peu comme si les dieux étaient bien à l’écoute. N’oublions pas que soleil, eau, terre et feu reviennent souvent dans les cérémonies Maya.
   

  

 
                                                         Son et lumière à Uxmal
 



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