Passé ce lit de rivière, forêts et vallonnements herbeux se succèdent. C’est ici qu’encore un moment fort nous prend au corps. Un, puis deux, puis trois gros grizzlis s’ébattent à petite distance. Longuement nous les regarderons vivre leur vie en toute quiétude.
Trois grizzlis dans l’objectif, un grand moment
Des ours de partout… Fleur libreDans l’heure qui suit, deux nouvelles haltes nous permettent d’en revoir un sur la route devant notre véhicule qui grimpera lentement dans les fourrés ; puis un second en face qui descend une pente raide pour rejoindre un torrent. Il s’avère que l’endroit en est truffé, leur population dans cette partie du monde ne paraît pas poser soucis. Retour proche, à quelques encablures du parking apparaît un grand orignal et son petit. Belle clôture pour cette journée riche en observation. N’étions nous donc pas venu en Alaska pour cela ? La météo de la veille nous inquiétait un peu, ciel couvert et averses étaient annoncés. En réalité, le soleil ne nous a pas quittés, quelques gouttes seulement en fin de journée ont confirmé les dires des prévisionnistes. Notre RV park, un pseudo camping, plutôt terrain vague au prix bien trempé, était censé disposer de la wifi sécurisé par un code secret. Sans succès, j’avais signalé le problème la veille. La nana de l’accueil, physique et langage « chanteuse de blues à la Nouvelle-Orléans » m’explique tout d’une seule phrase en un seul mot !...…Rien compris, je reviens à la charge ordinateur en mains……Code bien entré, force lui est de constater un disfonctionnement évident……Un homme s’occupe du problème…… Rien y fait, une seconde nana, gentille fille chocolat frisé, finit par venir à bord nous indiquer que tout est normal. Le débit étant trop faible je ne pourrai pas me connecter……Ok, merci pour l’arnaque…… C’est au réveil du matin, en tentant à nouveau une connexion que j’essaie de placer le fameux code à un emplacement différent. Surprise, le wifi répond enfin. Un peu perplexe sur l’emplacement bizarre à placer ce code d’accès, par sécurité, je limiterai l’utilisation du système au strict minimum.Au moment du départ, Françoise s’inquiète de la qualité de l’eau potable disponible à la borne de vidange ou nous avons rempli nos réserves. Un employé nous déconseille sa consommation. Geste et simulation de diarrhée sont sans équivoques, même en anglais ! Pour la boisson, il nous propose de remplir notre bombonne chez lui, ok, c’est toujours ça. Sauf qu’il ne nous en fournira qu’un quart de sa capacité !...…merci beaucoup, tout de même.Au final, il nous faudra vidanger nos cuves plus tard. Merci et bonjour la nouvelle arnaque, à trente neuf dollars la nuit, ça pue l’exploitation touristique. Nous quitterons les lieux sans tarder en direction d’Anchorage, la capitale économique du pays. Proche de la côte du Pacifique nord, sur la carte détaillée, une petite route indique près du delta d’un fleuve : « Port Mackenzie ». Un peu le « bout du bout », ces zones renferment souvent des trésors cachés pour les fouineurs que nous sommes. Détournés de la grand route, trente kilomètres de route secondaire, indications absentes ou très sommaire, quinze kilomètres de pistes graveleuses, le tout couronné au dernier kilomètre par un panonceau : « road close ». Un incessant trafic de camions de sable et galets prélevés dans le fleuve te donne l’ambiance du petit coin de nature attendu ! En fait « Port Mackenzie » n’est qu’un lieu dit abstrait sans aucun intérêt pour nous autres. Demi tour et route inverse, on ne peut pas gagner à tous les coups !Au final, nous trouverons les rives d’un petit lac bien calme. Une petite pizzeria de campagne nous autorise à dormir gratuitement sur son espace de pic-nic. En reconnaissance, nous commanderons une pizza pour le repas du soir. Vue sur le lac, notre attention sera retenue par quelques aigles de passages, quelques oiseaux pêcheurs et une maman grèbe planquée sous des branches basses avec son petit sur le dos. Difficile d’en sortir une photo de qualité, l’oiseau est fort discret et craintif.