Dans le même esprit, nous remontons une centaine de kilomètres vers le nord à la limite de la Géorgie. « Trois rivières », ce lieu décrit comme un sanctuaire naturel ne devrait pas déplaire. Camping rustique et ombragé de S.P. (state park. Il en foisonne en Floride), au bord de l’eau et possibilité de feu de camps pour éloigner les moustiques, quoi de mieux ?
Une randonnée en forêt est sommairement tracée. Bien chaussés, badigeonnés de répulsifs et vestes moustiquaires dans le sac, discrètement, on s’engage dans la luxuriance des rives à l’affût de tout ce qui bouge. Difficile de quitter prudemment le sentier tant la végétation et dense. A l’entrée du state park, nous sommes aussi avertis de la présence de serpents plus ou moins dangereux. De fait, il convient de regarder, autant que faire se peut, où tu mets les pieds ; avec aussi à nouveau un œil vers cette araignée bizarre qui s’est installée au travers du sentier. Son corps, pas énorme mais à l’apparence carapacée, mi tête de mort à la langue rouge, mi épineux aux dards puissants ne nous dit rien qui vaille. C’est l’échine courbée et profil bas que nous avancerons par-dessous la grande toile.

Effet glacial garanti !

Plus sympa
Comme souvent, tu cherches un truc, et c’en est un autre qui te surprend. Plusieurs biches de Virginie détalent à notre approche. L’une d’elle d’une corpulence respectable s’éloigne fort peu…
…vraiment sous la contrainte…
…nous faisant face, elle beuglera, plutôt agressivement. Saison des petits, sa progéniture ne doit pas être loin. Nous nous éloignons sans l’inquiéter davantage. Quelques oiseaux et papillons rythment la balade. Le sentier, peu fréquenté à priori se perd, la végétation à repris ses droits, le balisage absent, bientôt dix huit heures nous préférerons revenir sur nos pas.
La soirée se prépare autour d’un petit barbecue, ailes de poulet grillé sont au menu. Table mise, je fais quelques pas dans la pénombre descendante…
… ???...!!!...
…nom de D… !
…là, Je reste interdit…
…à moins d’un mètre, gueule ouverte, un copperhead, dit aussi, plus sympathiquement « mocassin à tête cuivrée »…
…cela ne doit pas te dire grand-chose…
…ne pas s’imaginer que ce nom nous soit familier. C’est à postériori que, renseignement pris, nous mettrons un nom sur ce visiteur d’un soir. Serpent venimeux au venin mortel plutôt joli, couleur corail annelé de marron, à demi redressé, il nous fait face un moment, puis, le flash d’une photo ou deux va sans doute l’inquiéter. L’espace de quelques brèves minutes, avec la grâce de son espèce, il disparaît, son mimétisme le noie spontanément dans les feuilles mortes du sous bois. Il va sans dire que barbecue, chaises et table de pic nic sont abandonnées pour ce soir. Les ailes de poulet finiront sur le gril de la cuisinière !

Vers 18 heures, sur le béton chaud de notre emplacement Durant plusieurs jours, de courtes étapes nous permettent quelques incursions dans le littoral du golfe du Mexique, côte ouest de la Floride. Moins balnéaire que la face Atlantique, base, les routes secondaires et plusieurs states-park nous offrent dans une luxuriante végétation tropicale de belles découvertes. Surprise aussi d’apprendre que, dans ces grandes étendues vierges, vit une espèce d’ours noir. Vagues cousins de ceux croisés dans le nord canadien, souvent ornés d’un collet blanc, ils sont bien adaptés au climat tropical de la région. Décidément, quand vont-ils nous lâcher ??? Les bombes à ours ressortent du fond de leur tiroir pour regagner prudemment le sac à dos lors des ballades.

Les ours, encore eux ! Dinde sauvage
Plus dans l’intérieur, en direction d’Orlando l’occasion nous est donnée d’observer une dinde sauvage. Leur présence sur le continent est souvent relatée. En trois ans de pérégrinations, ce n’est que la seconde rencontre avec ces oiseaux corpulents, certes, mais combien plus sportifs que celles qui terminent dans nos assiettes. Aussi, au hasard d’un sentier, parmi palmiers, lianes et fougères, de superbes fleurs de la passion s’épanouissent, grimpant sur tout ce qui se présente. Belle satisfaction de découvrir ces plantes en pleine nature, ne les connaissant chez nous qu’en containers à la jardinerie du coin.

Dans la jungle des Everglades
Fleur de lotus… …Puis… juste après Belle découverte la passiflore.

Dans le sous bois Rencontres