SOUS LES ETOILES DU MONDE
                                                  ou les voyages de Françoise et Jacky sur la planète bleue

 
 
Proche, existe un établissement pas tout à fait comme les autres. De prime abord, seule une architecture ancienne bien revue se remarque. Le porche franchi, une cour intérieure arborée, inondée de soleil, fontaine fraîche, fleurs à profusion et quelques tables en fer forgé sous un patio ombragé où une jeunesse plus branchée vient passer quelques moments de détente. Ça et là, très discret, t’interpelle un sigle qui n’échappe à personne…
… un « M » bien stylisé…
… nous sommes bien dans un « Mac-Donald ». Assez unique en son genre, tu ne reconnais le style de la maison qu’au comptoir de service, pour le reste, tout est parfaitement intégré au caractère de cette belle citée ancienne classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Nous rentrerons toujours avant la nuit.
  
                                                 Un Mac-Do pas comme les autres
 
Un précédent passage de David et Orlane dans cette ville  leur avait permis de prendre des cours d’espagnol  sur cinq jours pour un prix « guatémaltèque ». Copier l’idée n’était pas pour nous déplaire car il est certain que pour  les deux ou trois années qui risquent de nous être nécessaire pour explorer l’Amérique du sud, cet investissement en temps et en argent ne peut être que salutaire. Cours complets les matins, dès lundi après-midi, nous prenons le chemin de l’école « Sevilla »pour notre première séance. Quatre heures d’emblée furent vite ressenties comme un chalenge pour nos cervelles déjà bien encombrées. Avec un professeur par élève (oui, oui, chacun notre prof !) une certaine convivialité était de mise et nous partirons du principe qu’il en restera bien un petit quelque chose sachant que nous n’avons pas la prétention de tenir de beaux et grand discours !
 
                                                A l’école d'espagnol

Seul bémol, le deuxième jour, quatre heures assise sur une chaise, le genou de Françoise décida de jouer le troublions. Impossible de rentrer à pied à seulement dix minutes de marche de Franky. Nous hélons un touk-touk pour le retour. Dès lors, repos, anti inflammatoire et chaise longue pour quelques jours. Je poursuivrai seul le cours en essayant de transmettre au mieux ce que je n’aurai pas forcément bien appris. Un logiciel de langue assez ludique que nous avait téléchargé « super David » devrait aider à palier nos incompétences. De ce fait, les journées passeront bien vite, nos amis québécois nous quittent en premier en direction du Nicaragua en traversant rapidement le Salvador et le Honduras, deux petits pays dont l’insécurité hante un peu tous les voyageurs de passage. Nos Français prennent la suite deux jours plus tard. Chacun nous envoyant en temps réel ses informations sur les conditions de leur passage et bivouacs. Nous les en remercions vivement. Auparavant, nos  bisontins, en reconnaissance de l’aide fournie lors de leur épisode « gastro sévère » ont souhaité nous inviter à une soirée resto.
 David découvre alors un restaurant spécialisé en…
… fondue savoyarde et bourguignonne !...
… Etonnés mais pas déçus, qualité du service et de la cuisine irréprochable, nous passerons un agréable moment. Un retour bien saccadé en touk-touk dans les rues pavées active la digestion sauf que, dans les secousses, nos amis perdront un appareil photo. Appareil secondaire, certes, mais jamais bien agréable. 
Cours d’espagnol achevés le vendredi soir, il nous tarde de faire route. Nous restons encore le samedi par prudence, ne souhaitant pas passer le début du week-end sur les routes des fêtards du Salvador. On nous avait conseillé la visite d’une plantation de café. Intéressant mais cela nous est apparu plus comme une attraction touristique que comme une entreprise purement artisanale. Qui plus est, le guide ne déclina sa visite qu’en anglais, alors qu’un guide espagnol au parlé lent et bien compréhensible est paraît-il présent. A titre compensatoire, pour un déjeuner sympa, on s’installe dans la cour centrale d’un restaurant bien agréable. Propreté, style,  bonne cuisine  au grill, prix modique au regard du service. Certainement pas une mauvaise adresse, puisque, par hasard, nous découvrons derrière notre table un cadre représentant la famille et le président Clinton qui honora de son passage cet établissement.
 
                                                           Les bus d’Antigua
 Laure et Marc, jeune couple franco-suisse avec deux mignonnes petites blondinettes étaient arrivées à Antigua en camping-car US depuis quelques jours. Le soir, nous découvrons sur internet que Nathalie et Jean des tourdumondistes français avec lesquels nous étions en relation depuis plusieurs mois serait de passage à Antigua demain. Il nous tardait de les connaître, eux, remontant d’Amérique du sud, nous, descendant, c’était l’occasion unique de se croiser et s’échanger bien des informations. Nous décidons de les attendre. A musarder une dernière après midi dans le parc central nous sommes hélés par un autre jeune couple français déjà croisé à Palenque au Yucatan tourdumondistes eux aussi mais en sac à dos. La conversation ira bon train un moment puis nous prendrons congés pour rejoindre Nathalie et Jean qui sont sûrement arrivés. Quel plaisir de retrouver ici tous ces voyageurs de tous horizons qui plus est aujourd’hui francophone pour la majorité. Un couple russo-québécois et des allemands étaient aussi présents au pseudo camping de la Policia Touristica. Agréable soirée à bord et nombreux échanges. Nous regretterons seulement la brièveté du moment, mais, voici près de douze jours que nous sommes ici et notre objectif étant vraisemblablement le Pérou ou l’Equateur pour le prochain remisage de Franky, il nous faut faire à nouveau du sud sans tarder.
 
             Photo d’adieux à Antigua jeune couple franco suisse et Nathalie et Jean tourdumondistes.

Après la sortie épique du lieu, à angle droit dans une ruelle qui nécessita une dizaine de manœuvres dans la trentaine de centimètres disponible avec le détachement de gendarmes qui bloqua la circulation, nous voici en direction de la frontière salvadorienne. Rappelons-nous que, El Salvador et son voisin le Honduras, hantent plus ou moins les esprits de tous les bourlingueurs de passage dans la région. Parmi les plus pauvres de la planète, insécurité, trafics et corruption règneraient paraît-il ici à tous les niveaux. Nous optons pour notre stratégie habituelle. Déjà, s’approcher au plus près de la frontière pour notre dernière nuit au Guatemala et ainsi se présenter tôt le lendemain. Nuit tranquille au parking d’une station-service 24/24 doublée d’un hôtel et qui plus est, nous serons avec quelques camions gardés toute la nuit par un soldat en armes de l’armée guatémaltèque. Au matin, nous passerons la frontière salvadorienne. Un peu compliquée, certes, mais Orlane, passée ici il y a quelques jours, nous avait envoyé par internet le processus à suivre très détaillé, ainsi, nous échapperons au harcèlement des tramidors, ces autochtones qui se pressent par dizaines pour te servir de guides généralement inutiles dans les démarches administratives utiles au passage en t’exigeant des dollars. Il n’en demeure pas moins que la tension est vive et deux heures durant, avec une liasse de photocopie présentée de droite de gauche, nous voici au Salvador.


Suite page Salvador  Honduras  Nicaragua

 
Page suivante   >



Créer un site
Créer un site