Le lendemain, avec vigilance, nous ferons quelques courses au supermarché avant de reprendre la route en direction d’un secteur où demeurent des vestiges importants d’anciennes missions Jésuites. Sur la route, de toutes évidences, un village fabrique des ballons, la moitié des familles ont aligné sur les bas-côtés leurs étals de centaines de ballons de foot dans l’espoir d’un petit revenu supplémentaire en fin de journée.
C’est au camping du parc Manantial à Hohenau que nous décidons une petite halte. L’endroit est calme, ombragé, très belles piscines bien entretenues et couple de patrons supers.
Au parc MANATIAL à HoheneauUn groupe d’une dizaine d’allemands vont passer trois jours et nous serons invités gratuitement à participer avec eux aux visites des deux principales missions Jésuites du secteur ainsi qu’une fabrique de maté. Nous serons surpris par l’immensité des vestiges de ses anciennes missions.
Missions Jésuite au Paraguay

Vestiges grandioses d'un autre temps
Deux missions Jésuites nous suffirons ( !) encore un ou deux jours pour se mettre à jour dans la lessive et le courrier et bien profiter de cet endroit confortable après tous ces kilomètres dans l’espoir d’obtenir un nouveau visa brésilien.
Bientôt l’heure de vérité, manière d’obtenir quelques tampons justifiant la visite d’autres pays avant de solliciter ce nouveau visa, il est décidé de s’orienter vers l’argentine toute proche. Mais l’imprécision de la carte nous mène sur une route d’une cinquantaine de kilomètres empierrée qui se termine en cul de sac par un quai de déchargement de dizaines de camions de soja. Pas de pont ni de douanes sauf à embarquer sur un bateau…
…paraguayen !...
... demi-tour donc dans l’enceinte des silos géants et route inverse sur les pavés carrossables mais bruyants. C’est finalement le lendemain, par l’autoroute d’Iguaçu que nous abordons la frontière. Rapides formalités pour quitter le Paraguay et accueil impersonnel à la douanière brésilienne de service qui nous accorde vingt-cinq jours. On tente le dialogue mais elle répète par cœur et d’un seul mot la raison de sa décision. C’est Françoise qui avait le mieux saisi la durée accordée. Dépités sur le perron, je décide de retourner et demander qu’elle me précise la date exacte de fin de visa. Dans son portugais agressif, elle baragouine je ne sais quoi tout en décrochant brièvement un combiné. Il est convenu qu’une collègue, plus avenante, va nous accompagner au bureau du chef. Sur le trajet, plus compréhensible, elle nous rappelle que pour les pays de l’espace Schengen, c’est trois mois tous les six mois. Mesure de rétorsion politique paraît-il. La jeune femme va plaider la cause de ce couple français qui souhaite visiter son pays plus longuement quand, de concert, les deux fonctionnaires nous demandent combien de temps souhaitons-nous ?...
… ???...
… Interloqués…
…heu…
…tres meses, por favor…
…plus un mot, on ne bouge plus…
… puis on remercie beaucoup !
Nous voici en cette veille de Saint Valentin avec un nouveau visa de trois mois inespéré. Nous n’aurons pas fait tous ces kilomètres pour rien, nous entrons donc de nouveau au Brésil, sourire aux lèvres pour une durée indéterminée.
Retour donc aux magnifiques chutes d’Iguaçu où nous retrouvons le camping Paudimar connu en 2014 lors d’un premier passage.
A bientôt…